Publié : Le 18/12/2016 à 13:25:2
DECLARATION DE L’ACAJ SUR LE DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF

Kinshasa, le 18 décembre 2016 – L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) condamne la stratégie employée par le Gouvernement congolais, au dialogue national inclusif conduit par la CENCO, pour bloquer toute solution consensuelle de sortie de crise politique en République démocratique du Congo (RDC).

Quatre jours après le démarrage du dialogue, le Gouvernement a :
1. Refusé d’abandonner les poursuites politiques contre Moïse KATUMBI, Roger LUMBALA, Antipas MBUSA, Floribert ANZULUNI, et de libérer Jean-Claude MUYAMBO, Eugène DIOMI NDONGALA et Moïse MONI DELLA, avant le 19 décembre 2016, donc sept personnalités emblématiques, comme signal fort de décrispation politique lui réclamée.

2. Pendant que le dialogue se déroulait, le Gouvernement a multiplié des arrestations arbitraires et détentions au secret; de menaces d’arrestation et d’atteinte à la liberté de presse et au droit de l’information. A titre d’exemples, à Kinshasa : le 13 décembre, 4 militants Filimbi – Carbone BENI wa BEYA, Chris SHEMATSI, Samuel BOSASSILE et John NGANDU ont été arrêtés par la police alors qu’ils manifestaient pacifiquement devant le bâtiment de la CENCO; et le 16 décembre, une militante de Lucha, Gloria SENGA, a été enlevée par des agents de sécurité et amenée à une destination inconnue. Ils sont détenus dans un lieu secret sans droit de visite de membres de leurs familles, ni de bénéficier l’assistance de leurs avocats. L’ACAJ craint qu’ils aient ou fassent l’objet de torture et mauvais traitements, et particulièrement pour Gloria Senga, qu’elle fasse l’objet de viol ! A Lubumbashi, le 8 décembre, 46 membres de l’UDPS et l’UNAFEC ont été arrêtés par la police et libérés deux ajours après sans notification de charges. A Tshikapa, le 16 décembre, M.M. Martin NGENDA KAPUPU, Président fédéral de l’UDPS, MUANDAMA et MATAMBA, tous chefs coutumiers, ont été arrêtés et transférés à Kinshasa où ils sont détenus au secret jusqu’à ce jour. A Mbuji-Mayi, le Gouverneur de province a interdit à tous les medias locaux d’organiser des émissions à caractère politique et menacé de fermer ceux qui n’en obtempéreraient pas.

Le 14 décembre, le Gouvernement a fait instruire aux opérateurs de téléphones de bloquer tous les échanges d’images, des vidéos et de la voix via réseaux notamment Facebook, Whatsapp, Instagram, Twiter, Google+, Baidu tieba, Skype, viber, Pinterest, Linkedin, Tagged, Badoo, Myspace, Youtube, Video, Bizznet, Flickr, Meetup, Snapfish, Immo.

Il a déployé des militaires et policiers dans plusieurs quartiers de Kinshasa, les villes des provinces dont Lubumbashi, Mbuji-Mayi, Goma, Bukavu, créant ainsi un état d’urgence ou de siège de fait dans le but de restreindre l’exercice des libertés publiques ! Plusieurs ONG des droits de l’homme ont reçu un texto les avertissant que 42 personnes seraient visées pour être enlevées dans la nuit du 18 au 19 décembre 2016 et la MONUSCO en est déjà informée.

L’ACAJ publie la liste des prisonniers politiques et d’opinion remise à la CENCO pour libération immédiate. Elle est consultable sur son siteweb via le lien : http://www.acajrdc.org/cpannel%20complet/pdf/2400228050117.pdf

2. Le Gouvernement a refusé la proposition de l’organisation des élections présidentielle et législatives nationales avant la fin de l’année 2017 et s’oppose à l’appui financier de la Communauté Internationale alors que la CENI bénéficie déjà l’appui logistique de la MONUSCO pour les opérations de la refonte du fichier électoral !

Eu égard à ce qui précède, l’ACAJ :

• Demande au Gouvernement congolais, de libérer tous les prisonniers politiques et d’opinion en commençant en urgence par les sept emblématiques ci-haut cités et faire examiner les autres par la Commission des magistrats sans délai; d’abandonner sa politique de blocage de solution de sortie d’une crise politique, dont il a lui-même créée et entretenue, en acceptant sans condition l’organisation des élections présidentielle et législatives nationales avant la fin de 2017; et mettant fin à l’état d’urgence ou de siège de fait qu’il a mis en place car porteur des violations des droits de l’homme.

Elle recommande :

• Aux Nations Unies, aux USA, à l’UE, à l’UA et aux autres partenaires bilatéraux ou multilatéraux de la RDC, d’envisager déjà des sanctions contre les officiels et/ou individus qui ont élaboré la stratégie de blocage du Gouvernement et l’ont exécuté au dialogue national inclusif conduit par la CENCO ;
• Au Présidium de la CENCO, de présenter aux parties en présence, en urgence, sa proposition de sortie de crise portant sur l’ensemble des matières du dialogue ;
• A la population, de se mobiliser pour défendre pacifiquement la Constitution, les valeurs des droits de l’homme et de la démocratie par toutes les voies de droit.

Pour tout contact :
Me Georges Kapiamba, Président de l’ACAJ
Téléphone : + 243814043641

Fil d'actualité [+]
Publié : Le 10/06/2017 à 11:5:44
L’ACAJ contre l’admission de John Numbi à l’ordre des Héros nationaux Kabila-Lumumba
Publié : Le 10/03/2017 à 13:10:38
Sensibilisation des femmes sur la lutte contre les abus familiaux
Communique & Publication [+]
Publié : Le 16/05/2017 à 1:10:16
Prof Andre? Mbata a? la Majorite? pre?sidentielle ... [Lire]
Publié : Le 18/12/2016 à 12:1:4
Transmission de la liste de des prisonniers politi... [Lire]
Restez Connecter